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Thursday, June 6, 2013

LA R.D. du CONGO - UN PAYS, UNE NATION OU UN ESPACE INTERNATIONAL? (IIeme PARTIE)

Au Ministere de la Défense Nationale et Anciens Combattants il y a l’EUSEC et l’EUPOL.L’EUSEC est la mission de l’Union Européenne d’assistance à la sécurité, elle est chargée de la réforme du secteur sécuritaire en RDC.
L'EUPOL RD CONGO est une mission de l'Union européenne d’aide, d’encadrement, d’appui et de conseil aux autorités de la République Démocratique du Congo pour la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) dans le domaine de la Police et de son interface Justice.
Les conseillers de l’EUSEC déployés à l’Est du pays ont supervisé pendant un moment les paiements mensuels de la solde des militaires [pourquoi seulement l’est ?] et ils aident les autorités Congolaises à la mise en place de mécanismes permettant d’assurer une plus grande transparence des flux financiers dans l’armée. Il y aussi des stages de formation des militaires-officiers Congolais sur la gestion financière et les ressources humaines

L’EUSEC  a participé et au recensement biométrique des militaires, réalisé par les FARDC, qui constitue la pierre angulaire de la réforme de l’administration des personnels et des finances, sans oublier la distribution des cartes d’identité militaires.
L’EUSEC a permit aux FARDC de remettre sur pieds, après une interruption de 24 ans, l’Ecole d'Administration à Kananga avec une infrastructure totalement rénovées.
Elle a soutenu (cela veut poliment dire qu’elle a donné de l'argent) la réouverture de l’Ecole de formation des sous-officiers de Kitona et ainsi que l’Académie Militaire à Kananga conjointement avec la Coopération militaire française et le Programme de Partenariat Militaire Belge.
N’oublions pas la mise en place d’un réseau informatique territorial qui permet de connecter Kinshasa aux principaux sites et aux Etats-majors des régions militaires. Ce projet a été financé par l’UE et ses États membres à hauteur de 3,5 millions d’euro.

Nous pouvons lire ceci dans la publication officielle de l’EUSEC :
 En étroite collaboration avec les autres acteurs de la communauté internationale, EUSEC RD Congo apporte un soutien concret dans le domaine de la réforme du secteur de sécurité en RDC. Elle fournit conseil et assistance directement aux autorités congolaises compétentes. Des conseillers travaillent avec les autorités militaires à Kinshasa depuis juin 2005 et ils ont été déployés dans les états-majors de plusieurs régions militaires depuis janvier 2006.
Il concerne notamment les aspects liés à la solde des militaires, aux effectifs de l'armée, à l'autonomie de la chaîne financière, au soutien administratif et logistique des brigades, au fonds de ménage, à la question des dépendants, retraités et réformés, la formation du personnel militaire en gestion financière ainsi qu'à l'audit au sein des services pour une meilleure gestion des fonds alloués aux forces armées.

L’EUSEC travail en collaboration directe avec le Ministère de la défense, le Secrétariat Général du ministère de la défense, l'Etat-major Général des FARDC, les Etat-major des différentes forces, les Régions militaires, les brigades jusqu'aux bataillons

La mission EUPOL RD CONGO dispose d’expertises techniques policières et civiles dans les domaines de la police et de la justice civile pénale, mais aussi dans des domaines transversaux de la Reforme du Secteur Sécuritaire, notamment les droits humains, les droits des enfants dans les conflits armés, le genre et l’égalité hommes-femmes. Lancée en 2007, EUPOL RD CONGO dispose d'un mandat défini par les 27 Etats-membres de l'Union européenne. Elle est déployée à Kinshasa et à Goma (Nord-Kivu).

La mission EUPOL RD CONGO a succédé à la mission EUPOL Kinshasa. Réalisée entre avril 2005 et juin 2007, EUPOL Kinshasa a été la première opération civile menée en Afrique dans le cadre de la Politique Européenne de Sécurité et Défense (PESD). Le but de la mission EUPOL Kinshasa était de soutenir l’Unité de Police Intégrée (UPI) - qui a été mise en place avec le soutien de l'UE - de la Police Nationale Congolaise à Kinshasa, pendant la période électorale de 2006.
Depuis octobre 2009, EUPOL RD CONGO dispose d’une expertise dans le domaine de la lutte contre l'impunité et les violences sexuelles.
La réforme du secteur de la sécurité, de la police et de l’armée, par ces deux structures non-Kongolaises signifie tout simplement l’implication jusque dans l’os, de l'UE et les Ambassades des Etats membres de l’UE (et par conséquent de l’OTAN) dans les secrets de la défense nationale et du dispositif sécuritaire national. La RDC est toute nue face à ses ennemis et ses prédateurs.

Au Ministère du Budget il y a le REGED qui est le Réseau Gouvernance Economie et Démocratie, anciennement Réseau des Organisations Partenaires de l’IFES (ROPI). Il forme les agents de l’état, les cadres de l’administration publique, les membres du gouvernement, les mandataires de l’état, les élus du peuple, les membres de la société civile,  les professionnels de certains corps de métiers, sur la transparence budgétaire. Il travail avec le gouvernement Congolais et une grande parties des institutions publiques Congolaises dans le but d’améliorer la transparence budgétaire, parce qu’en RDC il y a une absence totale de publications de la plupart des informations budgétaires par les institutions publiques.
Selon l’OCDE L'Organisation de Coopération et de Développement Economiques la transparence budgétaire est entendue comme étant le fait de faire pleinement connaître au public en temps opportun et de façon systématique l’ensemble des informations budgétaires
C’est le REGED qui, en réalité, valide les différents budgets de l’état. Le REGED c’est le PNUD dans le quotidien des budgets étatiques de la RDC.

Au ministère des Finances, nous avons oublie de vous présenter dans notre première partie, le BCMI qui est le Bureau de Coordination des Marches et Infrastructures.  Le BCMI existe depuis le mois de Mai 2003. Contrairement au BCECO, qui a une personnalité juridique et signe les contrats avec les entreprises, le BCMI n’a pas de personnalité juridique et ne peut donc pas signer de contrats. C’est le Ministre des Finances qui le fait.
Le BCMI gère les projets d’investissements financés par la Banque Mondiale, dans le cadre du PMURR, dans le domaine d’infrastructures suivant : Les infrastructures portuaires, l’électricité, l’eau, les ponts et les routes. Ils travail avec 14 entreprises publiques a savoir : le GET (Groupe d’Etudes des Transports), la RVM (Régie des voies maritimes), la RVF (Régie des voies fluviales), le METTELSAT, l’ONATRA (Office national des transports), la SNCC (Société nationale des Chemins de fer du Congo), l’Office des routes, l’OVD (Office des Voiries et Drainage), le PNA (Programme national d’assainissement), le CNPR (Comité nationale de prévention routière), la REGIDESO, la SNHR (Société nationale d’hydraulique rurale), le CNAEA (Comité national d’Action de l’Eau, de l’Assainissement), la SNEL (Société nationale d’électricité).

Au Ministère de l’Enseignement, Primaire, Secondaire et Professionnel il y a l’UGCP-PARSE qui est l’Unité de Gestion et de Coordination du Projet PARSE (Projet d'Appui au Redressement du Secteur de l'Education). Elle a en charge l’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques et privées agréées.
Les objectifs spécifiques de l’UGCP-PARSE sont les suivants :
- Fournir au pays une assistance afin d’éviter toute détérioration ultérieure de la fourniture des services essentiels dans le domaine de l’enseignement primaire.
-Préparer le terrain pour le développement et le financement durables du secteur afin de faciliter la coordination des donateurs et la transition future vers un programme couvrant l’ensemble du système éducatif. A cet effet, ces objectifs ainsi définis s’articulent essentiellement autour de quatre composantes, et dans le but d’atteindre ses objectifs, le projet possède un budget de 150 millions de dollars américains pour ses quatre composantes dont :
Composante 1 : Faciliter l’accès et favoriser l’égalité des chances à l’école primaire. (104,52 millions USD)
Composante 2 : Améliorer la qualité de l’enseignement primaire. (28,76 millions USD)
Composante 3 : Renforcer des capacités institutionnelles et financière du secteur de l’éducation. (5,06 millions USD)
Composante 4 : Coordination et gestion du projet. (11,17 millions USD)


Il y a encore d’autres agences internationale d'exécution telle que : l’unité de gestion de projet SAPMP,  l’UCP, L'UEPN-DDR, le PNMLS, la CTB, etc.….
Malgré le fait que ces agences pillulent comme des champignons, la RDC se porte de plus en plus mal. Les Kongolais ont même l’impression que ces agences d’executions sont comme des sangsues qui suce toute la vitalité de la RDC.

Le lecteur sait-il que depuis le 28 Février de cette année, la REGIDESO est contrôlée et gérée par des Sénégalais. L'appel d’offre a été organisé par la Banque mondiale et c’est par le capital-investisseur ECP que Finagestion remporte le contrat du secteur public de distribution d'eau de la République démocratique du Congo. Une des filiales de Finagestion est la Sénégalaise des Eaux (SDE), une société de production et de distribution d’eau.
(a suivre)
Freddy Monanga (Code243 TV NEWS)

Sunday, June 2, 2013

LA R.D. du CONGO - UN PAYS, UNE NATION OU UN ESPACE INTERNATIONAL? (Iere PARTIE)

  Article de FREMONSA
Nous avons constaté qu’au stade actuel, la République Démocratique du Congo n’est pas capable d’imposer ni d’affirmer sa souveraineté au niveau internationale tant sur le plan diplomatique, sécuritaire, militaire, économique et technologique. Cela est du à  l’état actuel de son leadership suprême ainsi que la manière dont ses élites gèrent la chose publique ; sur base des faits sur le terrain nous pouvons affirmer que la jauge de la RDC est dans le rouge depuis longtemps.

En effet, depuis quelques années, ce vaste pays au centre de l’Afrique est redevenu ce qu’avait prévu l’Acte de la conférence de Berlin du 26 Février 1885,  c'est-à-dire : un espace ou tout les puissants de ce monde peuvent y exploiter les autochtones, le sol, le sous-sol, y pratiquer librement leur commerce et enfin, y choisir et y fabriquer les dirigeants en lieu et place des vrais dirigeants qui avaient par la force des armes, après des longues luttes de résistances avec des armes rudimentaires, abdiqué et furent contraint de céder leur autorités au rois des Belges en signant chacun avec son propre sang l’acte de soumission, les fameux traités de cession de souveraineté.

Et pourtant, "la République Démocratique du Congo est la plus belle fille de l’Afrique, tout le monde à besoin d’elle pour évoluer." Ce sont les propos tenus par le journaliste et enseignant de journalisme Camerounais, Benjamin Nyoum,  lors d’une émission Sans Rancune sur VoxAfrica. Malheureusement, cette belle fille se porte très mal. Ce grands pays au centre de l’Afrique est en train d’agoniser malgré ses richesses et ses differentes ressources d’une valeur inestimable. Nous dirons plutôt ; le peuple Kongolais agonise. Tous les indicateurs sociaux sont au rouge. Chaque jour qui passe contribue à la détérioration de la qualité de vie quotidienne des Kongolais.

En dépit du fait que la RDC ait une très longue tradition minière, l’exploitation de ses richesses minières ne profitent pas aux populations mais sont par contre la source de leurs malheurs actuels (les massacres des populations, les mutilations des appareils génitaux des Kongolaises, la corruption, les évasions des ressources financières locales, la pollution, la misère extrême, ...)

Selon le dernier Indice de Développement Humain (IDH) Congolais du Rapport Mondial sur le Développement  Humain (RMDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement(PNUD), le Congo Démocratique occupe, pour la deuxième année consécutive, la dernière place sur 186 pays. Ce rapport, comme tous les précédents rapports sur le développement humain du PNUD, est axé sur l’être humain. Il étudie la façon dont les personnes peuvent créer et utiliser la technologie afin d’améliorer leurs qualité de vies. Il traite aussi l’élaboration de nouvelles politiques publiques destinées à orienter les révolutions dans les domaines de la technologie de l'information et des communications et de la biotechnologie en faveur du développement (émancipation aussi) de l’être humain.

C’est depuis 1990 que le “Projet des Nations Unies pour le Développement" (PNUD) lance l'Indice de Développement Humain (IDH) afin de classer les pays non pas sur le plan économique uniquement mais aussi selon leur développement qualitatif. L'Indicateur de Développement Humain (IDH) mesure le niveau moyen auquel se trouve un pays bien déterminé selon trois critères essentiels du développement humain : longévité, instruction et conditions de vie. Il est calculé par combinaison de trois autres indicateurs : l'espérance de vie à la naissance, l'accès à l'éducation et le PIB par habitant.
L'accès à l'education est mesuré par le taux d'alphabetisation des adultes et par le taux combiné de scolarisation dans le primaire, le secondaire et le supérieur. Taux d'alphabétisation des adultes : Pourcentage des personnes âgées de 15 ans et plus sachant écrire et comprendre aisément un texte court et simple traitant de la vie quotidienne.
Ainsi donc nous pouvons dire que le but de l'Indicateur de développement humain (IDH) est de répondre aux carences du Produit Interieure Brut (PIB) par habitant comme seul indicateur du développement d'un pays.
Voici ci-dessous les différentes position de la RDC dans le RMDH de 2001 à 2013
En 2001 la RDC est 142ieme SUR 162. La Sierra Leone dernier pays
En 2002 la RDC est  155ieme sur 173. La Sierra Leone dernier pays
En 2003 la RDC est 167ieme sur 175. La Sierra Leone dernier pays
En 2004 la RDC est 168ieme sur 177. La Sierra Leone dernier pays
En 2005 la RDC est  167ieme sur 177. Le Niger est dernier pays
En 2006 la RD  est  167ieme sur 177. Le Niger est dernier pays
En 2007/2008 la RDC est 168ieme sur 177. La Sierra Leone est denier pays.
En 2009 la RDC est 176 sur 177ieme. Le Burkina Faso est dernier
En 2010 la RDC est 168 sur 169. La Zambie est dernier pays
En 2011 la RDC est 187 sur 187 pays.
En 2013 la RDC est 186 sur 186 avec la Sierra Leone

Sur base de ce tableau nous pouvons affirmer  que depuis 2001, la RDC plonge de plus en plus dans la misère et la pauvreté pour se retrouver dès 2011 en dernière place : C'est-à-dire le pays où les habitants sont les plus pauvres, les plus miséreux, les plus misérables et les plus malheureux de la planète. Et pourtant ce pays n’est  pas un grand espace au centre de l’Afrique où régneraient le désordre, l’anarchie et la barbarie. Il y a un gouvernement, une administration (l’état) composée d’hommes et de femmes qui s’occupent de la gestion de la chose publique au quotidien. Ces derniers affirment que la RDC va bien et qu’elle a seulement quelques problèmes comme il en existe dans tous les pays. Depuis la pseudo libération du 17 mai 1997, les gouvernants successifs certifient que la RDC connait des progrès dans plusieurs domaines et que la majorité des Kongolais vivent bien. En ce qui concerne la sécurité des biens et des personnes dans la république, le porte parole du gouvernement confirme, la main sur le cœur, que la sécurité règne sur toute l’étendue du pays sauf quelques petites poches insignifiantes d’insécurité. Le président, les dirigeants et les gouvernants Congolais vivent-ils en RDC ou sur la Lune? Sont-ils aveugles pour ne pas voir l’état dans lequel se trouvent leurs administrés ainsi que le pays lui-même ? Sont-ils sourds pour ne pas entendre la population s’exprimer sur son quotidien qui est chaque jour de plus en plus difficilement vivable ?

Le gouvernement se soucie peut du devenir de ses administrés, il se soucie peu du bonheur de son peuple et il se soucie peu des aspirations de ses gouvernés. Au contraire, nous constatons qu’il organise la paupérisation de la population Kongolaise. Il n’écoute pas les Kongolais. Ses oreilles et toute son attention sont dirigées vers la dite « communauté internationale ». Il ne se satisfait que des bons points qui lui sont attribué par la Banque Mondiale (BM), le Fonds Monétaire International (FMI) et la dite « communauté internationale » sans se soucier du contenu du panier de la ménagère Kongolaise ; si cette dernière possède encore un panier !
La population ne sait plus exactement qui de la présidence, du gouvernement, des chambres des représentants et de la justice fait quoi? Et qui est qui ?
Les Kongolais disent même que ces hommes et ses femmes qui sont au plus haut niveau de la gestion de la chose publique ont une conception très particulière de l’état. L’état serait un instrument de répression d’une classe sur les autres. Ils affirment se trouver en face d’un gouvernement et des dirigeants semblables a l’administration d’occupation d’avant le 30 Juin 1960, parce qu’ils organisent la paupérisation de la population Kongolaise.

Nous observons que le pouvoir en place est composé d’hommes et de femmes qui se sont engagés dans une démarche politique, intellectuelle et spirituelle consciente ou inconsciente qui consiste à faire passer comme vitales, parce que naturelles, les relations étroites, les relations sentimentales et les relations intimes avec la dites « communauté internationale ». Pour eux, les Kongolais, puis tout les Africains, auraient le monopole de l’idiotie et de l’imbécillité tandis que les autres, « les occidentaux et plus précisément la dite communauté internationale », auraient le monopole de la matière grise.

Pour s’en convaincre, il suffit de visiter la plus part des ministères du Congo-Kinshasa pour s’en rendre compte. On y trouve les oreilles, les bras et un peu de matière grises de cette  « communauté internationale » sous la forme des agences d’exécution internationales (ou agences internationales d’exécution). Ce sont ces « agences d’exécution internationales » qui, a la place du gouvernement et/ou des ministères, récoltent les fonds, donnent des certifications, accordent les marchés des projets gouvernementaux, finances les projets gouvernementaux, les exécutent et les gèrent. Ce sont elles qui exécutent les programmes du gouvernement financés par des institutions internationales ou autres partenaires de la RDC. Elles organisent des séminaires de formations des fonctionnaires et autres agents de l’état. Ces agences d’exécutions internationale avec leur salaries (les sous-traitants, le personnel) tant étranger que Kongolais font le travail qui est réservé aux ministères, aux agents et fonctionnaires de l’état Congolais. Et en plus, c’est toujours dans des domaines très sensibles. Le statut des salariés (le personnel qui y travail) de ces agences d’exécutions internationale sont incompatible avec celui de fonctionnaire ; c'est-à-dire qu’ils ne sont pas des fonctionnaires de l’état Congolais : ainsi ils n’ont pas prêtées serment, donc pas tenus au secret lorsqu’ils travaillent dans des domaines sensible. En RDC, ces agences d’executions internationales sont dans tous les secteurs ; de la bonne gouvernance  et de la démocratie, à la réhabilitation des infrastructures publiques, en passant par la formation des fonctionnaires, les nouvelles technologies, la reforme de tout le dispositif sécuritaire, la microfinance, la defense nationale, la reforme de la justice et de l’enseignement ainsi que la protection de la nature. La majorité des financements des projets exécutés par ces agences d’exécution proviennent de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International.  

Ceux qui dirigent la RDC ont fait en sorte que le Kongo-Kinshasa n’ait plus la main mise sur son existence ni sur son avenir. C’est extrêmement triste de constater qu’une bonne partie de l’élite Kongolaise, tant celle de la diaspora que celle vivant en RDC, trouve cela normale.

 Pour mieux éclairer la compréhension du lecteur, nous citons quelques exemples de ses agences d’executions.

Au ministère de la Santé Publique il ya la JICA qui est l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (Japan International Cooperation Agency). Cette agence Japonaise « appuie » le ministère de la santé dans son processus de développement sanitaire et dans le processus du développement de ressources humaines pour la santé en formant les agents de la sante publique. C’est le retour, depuis 2007, du Japon dans « sa coopération bilatérale » avec la RDC.
La JICA a prit l’initiative :
- De lancer une vaste opération de plusieurs reformes dans toute l’administration sanitaire.
- De s’occuper de la revitalisation du secrétariat du ministère de la santé publique ainsi que de la formation d’experts et professionnels en santé du ministère.
C’est elle  qui reçoit et gère les dons reçus du Japon. Elle veille sur la qualité de l’exécution des projets et sur l’utilisation efficiente des fonds.

Mais la JICA ne s’occupe pas seulement de la santé publique en RDC. En 2012, la JICA  a mit à la disposition de la RDC 6 millions de dollars américains pour la réparation et l’entretien du pont Marechal Mobutu qui se trouve à Matadi.
Dans le cadre de l'aide financière non remboursable qu’accorde le Japon à la RDC, la JICA gère les 61 millions de dollars américains du projet de réhabilitation et de modernisation de la route des Poids Lourds à Kingabua dans Kinshasa et l’élargissement à quatre voies, sur environ 12 kilomètres, de la chaussée entre la gare centrale de Kinshasa et le pont Matete. L’étude de faisabilité a été effectuée par un consultant Japonais, l’Ingérosec Corporation, et les travaux sont exécutés par Kitano Construct,  une autre entreprise Japonaise. Cette entreprise utilise une main d’œuvre composée d’ouvriers venus du Bangladesh et du Vietnam avec quelques Kongolais.
Nous notons que chaque année la JICA finance à Kinshasa et dans les provinces plusieurs projets dits « de développement à impact visible » ; elle a évalué à environ 170 millions de dollars US, dont 120 millions d’aide financière non remboursable, le financement de ses activités RDC depuis la réouverture de son bureau à Kinshasa en 2007.

N'oublions pas le financement du projet d'extension de l'usine de traitement d'eau de Ngaliema, avec le concours et l'expertise de deux entreprises Japonaises, et la construction du boulevard Luemba sur 9 km dans la commune de N’Djili-Kinshasa. L’aménagement en équipements des Cliniques universitaires de Kinshasa et de l’Institut d’enseignement médical de la capitale. Le renforcement et la modernisation de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) par la construction des bâtiments modernes dans l’enceinte de la direction provinciale/Kinshasa sur une superficie de 5 172 m², la modernisation des directions provinciales de Kisangani et Boma ainsi que la construction des infrastructures d’accueil à Goma et à Lubumbashi.
La formation de 16.000 (seize mille) policiers congolais, le projet de « justice de proximité » au Bas-Congo, l’élaboration du « plan de développement de la ville de Kinshasa » et de sa carte topographique numérique, le projet d’étude sur le développement communautaire dans le district des Cataractes au Bas-Congo. Le gouvernement du Japon participe à raison de  20 % du budget total annuel de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc-Monusco) sur un milliard de dollars.

Alors la question a dix millions d'euros: Que gagne le Japon dans tout cela? 
Les etats n'ayant que des interets et non des amis, il serait bon et juste de savoir que gagne et combien gagne le Japon en "donnant" autant de millions a la RDC?

Au Ministère des Finances il ya la BCECO qui est le Bureau Central de Coordination du ministère des finances depuis Aout 2001. C’est l’œil et les oreilles de la dite « communauté internationale », et surtout de la Banque Mondiale, dans le quotidien des finances de la RDC. Le BCECO reçoit et gère les fonds reçus principalement de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement mais aussi de plusieurs autres bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux. Le BCECO finance les projets et les exécute. Cette agence d’exécution fait le travail réservé au ministère des finances et quelque fois celui de certains ministères.
Le BCECO assure la passation des marchés et le recrutement du personnel des projets ou programmes de certaines agences d’executions internationale ainsi que la gestion financière de ces dernières.
Depuis sa création au mois d’Aout 2001, il a eu à gérer plus d’un  milliards de dollars américains. Il y a quelques annees, la Banque Mondiale voulut en finir avec la BCECO afin que l'etat Congolais prenne le relais, mais l'etat Congolais ne fut pas d'accord. Pour quelles raisons? Allez savoir cher lecteur.

Au Ministère du Plan il y a l’UCOP qui est l’Unité de Coordination des Programmes. C’est elle qui exécute la quasi totalité des projets du gouvernement en coordination avec les autres agences d’executions internationales. Elle exécute et gère les projets visant la « réunification économique et sociale » du pays après la guerre.

Au Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme il y a le CEFDAC qui est la Conférence sur les Ecosystèmes de Forêts Denses et Humides d'Afrique  Centrale. C’est elle qui s’occupe de la certification forestière et de la gestion des forets à la place du gouvernement centrale et régionaux.
La JICA s’occupe aussi des forets Kongolaise. A travers la Japon International Coopération System (JICS) et l'Association Japonaise de technologie forestière (JAFTA), elle s’occupe de la formation des cadres et des techniciens du ministère de l'Environnement Conservation de la Nature et du Tourisme.
En Aout, la JICA prend l’initiative de lancer un projet de renforcement du système Kongolais de monitoring des ressources forestières pour la promotion durable des forets. Le but est de dresser l'inventaire de toutes les ressources forestières, la constitution et le développement d'une base de données des ressources forestières nationales. Ce projet bénéficie de près de 17 millions de dollars américains accorde par le Japon. N’oublions pas non plus que le Japon a accordé une aide financière non remboursable d'un montant total de 12 millions de dollars américains pour contribuer à la préservation des forêts,

Au ministère des Mines il y a l’UEP-PROMINES qui est l’Unité d'Exécution du Projet d'Appui au Secteur Minier. Ce projet, ou agence d’exécution, a pour objectif principal : l'amélioration de la bonne gouvernance du secteur minier et l'augmentation de sa contribution à la croissance économique et au développement durable au niveau national, provincial et local. C’est la Banque Mondiale dans la gestion quotidienne des minerais et des mines Kongolais.
Les objectifs spécifiques du projet vise :
- l'augm
entation de la production minière et de sa valeur ajoutée;
- le renforcement des institutions publiques dans leur capacité à gérer le secteur d’une manière efficace et transparente;
- l'amélioration de la capacité du Gouvernement à canaliser les revenus et les bénéfices produits du secteur minier pour un développement économique durable.
Les provinces du Katanga, du Maniema, du  Kasaï Oriental et Occidental, les deux provinces du Kivu (nord et sud) ainsi que la province Orientale ont été choisies pour servir les zones pilotent. Et pourtant il n’est plus un secret pour personne que toutes les provinces de la RDC regorgent d’immenses gisements miniers, à l’exception de Kinshasa pour le moment.
(a suivre...)

Sur le meme sujet:
LA RD du CONGO - UN PAYS, UNE NATION OU UN ESPACE INTERNATIONAL? (IIieme partie)
L'ACTE GENERAL DE LA CONFERENCE DE BERLIN DU 26 FEVRIER 1885
LA RDCONGO N'EST PAS INDEPENDANTE
INDEPENDANCE DE LA RDC: VASTE ESCROQUERIE HISTORICO-INTELLECTUELLE

http://manuscritdepot.com/a.freddy-monanga.1.htm

Monday, June 20, 2011

L’ACTE GENERAL DE LA CONFERENCE DE BERLIN DU 26 FEVRIER 1885


Un document qui a scellé la destruction de l’Afrique par les Européens. Pour notre jeunesse, pour l’histoire, à lire !

Sa Majesté l’empereur d’Allemagne, roi de Prusse, Sa Majesté l’empereur d’Autriche, roi de Bohême et roi apostolique de Hongrie, Sa Majesté le roi des Belges, Sa Majesté le roi de Danemark, Sa Majesté le roi d’Espagne, le président des Etats-Unis d’Amérique, le président de la République française, Sa Majesté la reine du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande, impératrice des Indes, Sa Majesté le roi d’Italie, Sa Majesté le roi des Pays-Bas , grand-duc de Luxembourg, Sa Majesté le roi du Portugal et des Algaves..., Sa Majesté l’empereur de toutes les Russies, Sa Majesté le roi de Suède et de Norvège... , sa Majesté l’empereur des Ottomans,

Voulant régler, dans un esprit de bonne entente mutuelle, les conditions les plus favorables au développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions d’Afrique, et assurer à tous les peuples les avantages de la libre navigation sur les deux principaux fleuves africains qui se déversent dans l’océan Atlantique ; désireux d’autre part, de prévenir les malentendus et les contestations que pourraient soulever à l’avenir les prises de possession nouvelles sur les côtes de l’Afrique, et préoccupés, en même temps, des moyens d’accroître le bien-être moral et matériel des populations indigènes, ont résolu, sur invitation qui leur a été adressée par le gouvernement impérial d’Allemagne, d’accord avec le gouvernement de la République française, de réunir à cette fin une Conférence à Berlin, et ont nommé pour leur plénipotentiaires, savoir : Figure ici dans l’original, la liste complète (pour les quatorze pays invités) des noms des personnalités formant chaque délégation et qu’il n’est pas nécessaire de reprendre dans le présent énoncé pour comprendre toutes les décisions et les devoirs qui résultent de l’Acte général. Lesquels, munis de pleins pouvoirs, qui ont été trouvé en bonne et due forme, ont successivement discuté et adopté :

1° Une déclaration relative à la liberté de commerce dans le bassin du Congo, ses embouchures et pays circonvoisins, avec certaines dispositions connexes ;

2° Une déclaration concernant le traite des esclaves et les opérations qui, sur terre ou sur mer, fournissent des esclaves à la traite ;

3° Une déclaration relative à la neutralité des territoires compris dans le bassin conventionnel du Congo ;

4° Un acte de navigation du Congo, qui, en tenant compte des circonstances locales, étend à ce fleuve, à ses affluents et aux eaux qui leur sont assimilées, les principes généraux énoncés dans les articles 108 à 116 de l’acte final du Congrès de Vienne et destinés à régler, entre les puissances signataires de cet acte, la libre navigation des cours d’eau navigables qui séparent ou traversent plusieurs Etats, principes conventionnellement appliqué depuis à des fleuves de l’Europe et de l’Amérique, et notamment au Danube, avec les modifications prévues par le Traités de Paris de 1856, de Berlin de 1878, et de Londres de 1871 et 1883 ;

5° Un acte de navigation du Niger, qui, en tenant compte également des circonstances locales, étend à ce fleuve et à ses affluents les mêmes principes inscrits dans les articles 108 à 116 de l’acte final du Congrès de Vienne ;

6° Une déclaration introduisant dans les rapports internationaux des règles uniformes relatives aux occupations qui pourront avoir lieu à l’avenir, sur les côtes du continent africain ;

Et ayant jugé que ces différents documents pourraient être utilement coordonnés en un seul instrument, les ont réunis en un acte général composé des articles suivants.

CHAPITRE PREMIER

Déclaration relative à la liberté de commerce dans le bassin du Congo, ses embouchures et pays circonvoisins, et dispositions connexes.

1- Le commerce de toutes les nations jouira d’une complète liberté ;

1° Dans tous les territoires constituant le bassin du Congo et de ses affluents. Ce bassin est délimité par les crètes des bassins contigus, à savoir notamment du Niari, de l’Ogowé, du Schari et du Nil au nord, par la ligne de faite orientale des affluents du la Tanganyika, à l’est ; par les crètes des bassins du Zambèze et de la Logé, au sud. Il embrasse en conséquence, tous les territoires drainés par le Congo et ses affluents, y compris le lac Tanganyika et ses tributaires orientaux ;

2° Dans la zone maritime s’étendant sur l’océan Atlantique, depuis le parallèle situé par 2°30’ de latitude sud jusqu’a l’embouchure de la Logé. La limite septentrionale suivra le parallèle situé par 2°30’, depuis la côte jusqu’au point où il rencontre le bassin géographique du Congo, en évitant le bassin de l’Ogowé, auquel ne s’appliquent pas les stipulations du présent acte. La limite méridionale suivra le cours de la Logé jusqu’à la source de cette rivière et se dirigera de là vers l’est jusqu’à la jonction avec le bassin géographique du Congo ;

3° Dans la zone se prolongeant à l’est du bassin du Congo, tel qu’il est délimité ci-dessus, jusqu’à l’océan Indien, depuis le cinquième degré de latitude nord jusqu’à l’embouchure du Zambèze au sud ; de ce point la ligne de démarcation suivra le Zambèze jusqu’à cinq miles en amont du confluent du Shiré et continuera par la ligne de faîte séparant les eaux qui coulent vers le lac Nyassa des eaux tributaires du Zambèze , pour rejoindre enfin la ligne de partage des eaux du Zambèze et du Congo.

1- Il est expressément entendu qu’en étendant à cette zone orientale le principe de la liberté commerciale, les puissances représentées à la Conférence ne s’engagent que pour elles-mêmes, et que ce principe ne s’appliquera pas aux territoires appartenant actuellement à quelque Etat indépendant et souverain qu’autant que celui-ci y donnera son consentement. Les puissances conviennent d’employer leurs bons offices auprès des gouvernements établis sur le littoral africain de la mer des Indes, afin d’obtenir le dit consentement et, en tous cas, d’assurer au transit de toutes les nations les conditions les plus favorables.

2- Tous les pavillons sans distinction de nationalité, auront libre accès à tout le littoral des territoires énumérés ci-dessus, aux rivières qui s’y déversent dans la mer, à toutes les eaux du Congo et de ses affluents, y compris les lacs, à tous les ports situés sur les bords des eaux, ainsi qu’à tous les canaux qui pourraient être creusés à l’avenir dans le but de relier entre eux les cours d’eau ou les lacs compris dans toute l’étendue des territoires décrits à l’article 1er. Ils pourront entreprendre toute espèce de transports et exercer le cabotage maritime et fluvial ainsi que la batellerie, sur le même pied que les nationaux.

3- Les marchandises de toute provenance importées dans ces territoires sous quelque pavillon que ce soit, par la voie fluviale ou par celle de terre, n’auront à acquitter d’autres taxes que celles qui pourraient être perçues comme une équitable compensation de dépenses utiles pour le commerce et qui, à ce titre, devront également être supportées par les nationaux et pour les étrangers de toute nationalité. Tout traitement différentiel est interdit à l’égard des navires comme des marchandises.

4- Les marchandises importées dans ces territoires resteront affranchies de droits d’entrée et de transit. Les puissances se réservent de décider, au terme d’une période de vingt années, si la franchise d’entrée sera ou non maintenue.

5- Toute puissance qui exerce ou exercera des droits de souveraineté dans les territoires susvisés ne pourra y concéder ni monopole ni privilège d’aucune espèce en matière commerciale.

Les étrangers y jouiront indistinctement, pour la protection de leurs personnes et de leurs biens, l’acquisition et la transmission de leurs propriétés mobilières et immobilières, et pour l’exercice des professions, du même traitement et des mêmes droits que les nationaux. Dispositions relatives à la protection des indigènes, des missionnaires et des voyageurs, ainsi qu’à la liberté religieuse.

6- Toutes les puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans les dits territoires s’engagent à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout de la traite des noirs ; elles protégeront et favoriseront sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées et organisées à ces fins ou tentant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation.

Les missionnaires chrétiens, les savants, les explorateurs, leurs escortes, avoir et collections seront également l’objet d’une protection spéciale.

La liberté de conscience et la tolérance religieuse sont expressément garanties aux indigènes comme aux nationaux et aux étrangers. Le libre et public exercice de tous les cultes, le droit d’ériger des édifices religieux et d’organiser des missions appartenant à tous les cultes ne seront soumis à aucune restriction ni entrave (ce fut néanmoins le contraire qui fut appliqué).

Régime postal

7- La convention de l’Union postale universelle révisée à Paris le 1er juin 1878 sera appliquée au bassin conventionnel du Congo. Les puissances qui y exercent ou exerceront des droits de souveraineté ou de protectorat s’engagent à prendre, aussitôt que les circonstances le permettront, les mesures nécessaires pour l’exécution de la disposition qui précède.

Droit de surveillance attribué à la Commission internationale de navigation du Congo.

8- Dans toutes les parties du territoire visé par la présente déclaration où aucune puissance n’exercerait des droits de souveraineté ou de protectorat, la Commission internationale de la navigation, instituée en vertu de l’article 17, sera chargée de surveiller l’application des principes proclamés et consacrés par cette déclaration. Pour tous les cas où des difficultés relatives à l’application des principes établis par la présente déclaration viendraient à surgir, les gouvernements intéressés pourront convenir de faire appel aux bons offices de la Commission internationale en lui déférant l’examen des faits qui auront donné lieu à ces difficultés.

CHAPITRE II

Déclaration concernant la traite des esclaves

9- Conformément aux principes du droit des gens, tels qu’ils sont reconnus par les puissances signataires, la traite des esclaves étant interdite et les opérations qui, sur terre ou sur mer, fournissent des esclaves à la traite devant être également considérée comme interdite, les puissances qui exercent ou exerceront des droits de souveraineté ou une influence dans les territoires formant le bassin conventionnel du Congo déclarent que ces territoires ne pourront servir ni de marché ni de voie de transit pour la traite des esclaves de quelque race que ce soit. Chacune de ces puissances s’engage à employer tous les moyens en son pouvoir pour mettre fin à ce commerce et pour punir ceux qui s’en occupent.

CHAPITRE III

Déclaration relative à la neutralité des territoires compris dans le bassin conventionnel du Congo

10- Afin de donner une garantie nouvelle de sécurité au commerce et à l’industrie et favoriser, par le maintien de la paix, le développement de la civilisation dans les contrées mentionnées à l’article 1er et placées sous le régime de la liberté commerciale, les hautes parties signataires du présent acte et celles qui y adhéreront par la suite, s’engagent respecter la neutralité des territoires ou parties de territoires dépendant des dites contrées, y compris les eaux territoriales, aussi longtemps que les puissances qui exercent ou qui exerceront des droits de souveraineté sur ces territoires, usant de la faculté de se proclamer neutres, rempliront les devoirs que la neutralité comporte.

11- Dans le cas où une puissance exerçant des droits de souveraineté ou de protectorat dans les contrées mentionnées à l’article 1er sous le régime de la liberté commerciale serait impliqué dans une guerre, les autres parties signataires du présent acte et celles qui y adhéreront par la suite s’engagent à prêter leurs bons offices pour que les territoires appartenant à cette puissance et compris dans la zone conventionnelle de la liberté de commerce soient, du consentement commun de cette puissance et de l’autre ou des autres parties belligérante, placés pour la durée de la guerre sous le régime de la neutralité et considérés comme appartenant à un Etat non belligérant ; les parties belligérantes renonceraient, dès lors, à étendre les hostilités aux territoires ainsi neutralisés, aussi bien qu’à les faire servir de base à des opérations de guerre.

12- Dans le cas où un dissentiment sérieux, ayant pris naissance au sujet ou dans les limites des territoires mentionnés à l’article 1er et placés sous le régime de la liberté commerciale, viendrait à s’élever entre les puissances signataires du présent acte ou des puissances qui y adhéreraient par la suite, ces puissances s’engagent, avant d’en appeler aux armes, à recourir à la médiation d’une ou plusieurs puissances amies. Pour le même cas, les mêmes puissances se réservent le recours facultatif à la procédure d’arbitrage.

CHAPITRE IV

Acte de navigation du Congo

13- La navigation du Congo, sans exception d’aucun des embranchements ni issues de ce fleuve, est et demeurera entièrement libre pour les navires marchands, en charge ou sur lest, de toutes les nations, tant pour le transport des marchandises que pour celui des voyageurs. Elle devra se conformer aux dispositions du présent acte de navigation et aux règlements à établir en exécution du même acte. Dans l’exercice de cette navigation, les sujets et les pavillons de toutes les nations seront traités, sous tous les rapports, sur le pied d’une parfaite égalité, tant pour la navigation directe de la pleine mer vers les ports intérieurs du Congo, et vice versa, que pour le grand et petit cabotage, ainsi que pour toute la batellerie sur le parcours de ce fleuve. En conséquence, sur tout le parcours et aux embouchures du Congo, il ne sera fait aucune distinction entre les sujets des Etats riverains et ceux des non-riverains, et il ne sera concédé aucun privilège exclusif de navigation soit à des sociétés ou corporations quelconques, soit à des particuliers.

Ces dispositions sont reconnues par les puissances signataires comme faisant désormais partie du droit public international.

14- La navigation du Congo ne pourra être assujettie à aucune entrave ni redevance qui ne seraient pas expressément stipulées dan le présent acte. Elle ne sera grevée d’aucune obligation d’échelle, d’étape, de dépôt, de rompre charge ou de relâche forcée. Dans toute l’étendue du Congo, les navires et les marchandises transitant sur le fleuve ne seront soumis à aucun droit de transit, quelle que soit leur provenance ou leur destination.

Il ne sera établi aucun paysage maritime ni fluvial basé sur le seul fait de la navigation, ni aucun droit sur les marchandises qui se trouvent à bord des navires. Pourront seuls être perçus des taxes ou droits qui auront le caractère de rétribution pour services rendus à la navigation même, savoir :

1° Des taxes de port pour l’usage effectif de certains établissements locaux, tels que quais, magasins etc. Le tarif de ces taxes sera calculé sur les dépenses de contribution et d’entretien desdits établissent locaux, et l’application aura lieu sans égard à la provenance des navires ni à leur cargaison ;

2° Des droits de pilotage sur les sections fluviales où il paraîtrait nécessaire de créer des stations de pilotes brevetés. Le tarif de ces droits sera fixe et proportionné au service rendu.

3° Des droits destinés à couvrir les dépenses techniques et administratives faites dans l’intérêt général de la navigation, y compris les droits de phare, de fanal et de balisage. Les droits de cette dernière catégorie seront basés sur le tonnage des navires tel qu’il résulte des paniers de bord, et conformément aux règles adoptées sur le bas Danube.

Les tarifs d’après lesquels les taxes et les droits énumérés dans les trois paragraphes précédents seront perçus, ne comporteront aucun traitement différent et devront être officiellement publiés dans chaque port. Les puissances se réservent d’examiner, au bout d’une période de cinq ans, s’il y a lieu de réviser, d’un commun accord, les tarifs ci-dessus mentionnés.

15- Les affluents du fleuve Congo seront à tous égards soumis au même régime que le fleuve dont ils sont tributaires. Le même régime sera appliqué aux fleuves et rivières ainsi qu’aux lacs et canaux des territoires déterminés par l’article 1er, §§ 2 et 3. Toutefois les attributions de la commission internationale du Congo ne s’étendront pas sur les dits fleuves, rivières, lacs et canaux, à moins de l’assentiment des Etats sous la souveraineté desquels ils sont placés Il est bien entendu aussi que pour les territoires mentionnés dans l’article 1er, § 3, le consentement des Etats souverains de qui ces territoires relèvent demeure réservé.

16- Les routes, chemins de fer ou canaux latéraux qui pourront être établis dans le but spécial de suppléer à l’innavigabilité ou aux imperfections de la voie fluviale sur certaines sections du parcours du Congo, de ses affluents et des autres cours d’eau qui leur sont assimilés par l’article 15 seront considérés, en leur qualité de moyens de communication, comme des dépendances de ce fleuve et seront également ouverts au trafic de toutes les nations. De même que sur le fleuve, il ne pourra être perçu sur ces routes, chemins de fer et canaux que des péages calculés sur des dépenses de construction, d’entretien et d’administration et sur les bénéfices dus aux entrepreneurs.

Quant au taux de ces péages, les étrangers et les nationaux des territoires respectifs seront traités sur le pied d’une parfaite égalité.

17- Il est institué une commission internationale chargée d’assurer l’exécution des dispositions du présent acte de navigation. Les puissances signataires de cet acte, ainsi que celles qui y adhéreront postérieurement, pourront, en tout temps, se faire représenter dans la dite commission, chacune par un délégué. Aucun délégué ne pourra disposer de plus d’une voix, même dans le cas où il représente plusieurs gouvernements.

Ce délégué sera directement rétribué par son gouvernement. Les traitements et allocations des agents et employés de la commission internationale seront imputés sur le produit des droits perçus conformément à l’article 14, §§ 2 et 3.

Les chiffres desdits traitements et allocations, ainsi que le nombre, le grade et les attributions des agents et employés, seront inscrits dans le compte rendu qui sera adressé chaque année aux gouvernements représentés dans la commission internationale.

18- Les membres de la commission internationale, ainsi que les agents nommés par elle, sont investis du privilège de l’inviolabilité dans l’exercice de leurs fonctions. La même garantie s’étendra aux offices, bureaux et archives de la commission.

19- La commission internationale de la navigation du Congo se constituera aussitôt que cinq des puissances signataires du présent acte général auront nommé leurs délégués. En attendant la constitution de la commission, la nomination des délégués sera notifiée au gouvernement de l’empire d’Allemagne, par les soins duquel les démarches nécessaires seront faites pour provoquer la réunion de la commission. La commission élaborera immédiatement des règlements de navigation, de police fluviale, de pilotage et de quarantaine. Ces règlements, ainsi que les tarifs à établir par la commission, avant d’être mis en vigueur, seront soumis à l’approbation des puissances représentées dans la commission.

Les infractions à ces règlements seront réprimées par les agents de la commission internationale, là où elle exercera directement son autorité, et ailleurs par la puissance riveraine.

Au cas d’un abus de pouvoir ou d’une injustice de la part d’un agent ou d’un employé de la commission internationale, l’individu qui se regardera comme lésé dans sa personne ou dans ses droits pourra s’adresser à l’agent consulaire de sa nation. Celui-ci devra examiner la plainte ; s’il la trouve prima facie raisonnable, il aura le droit de la présenter à la commission. Sur son initiative, la commission, représentée par trois au moins de ses membres, s’adjoindra à lui pour faire une enquête touchant la conduite de son agent ou employé. Si l’agent consulaire considère la décision de la commission comme soulevant des objections de droit, il en fera rapport à son gouvernement qui pourra recourir aux puissances représentées dans la commission et les inviter à se concerter sur des instructions à donner à la commission.

20- La commission internationale du Congo, chargée, aux termes de l’article 17, d’assurer l’exécution du présent acte de navigation aura notamment dans ses attributions :

1° La désignation des travaux propres à assurer la navigabilité du Congo selon les besoins du commerce international. Sur les sections du fleuve où aucune puissance n’exercera les droits de souveraineté, la commission internationale prendra elle-même les mesures pour assurer la navigabilité du fleuve. Sur les sections du fleuve occupées par une puissance souveraine, la commission internationale s’entendra avec l’autorité souveraine.

2° La fixation du tarif de pilotage et celle du tarif général des droits de navigation, prévus au 2° et 3° paragraphe de l’article 14. Les tarifs mentionnés au 1er paragraphe de l’article 14 seront arrêtés par l’autorité territoriale, dans les limites prévues au dit article. La perception de ces différents droits aura lieu par les soins de l’autorité internationale ou territoriale pour le compte de laquelle ils sont établis.

3° L’administration des revenus provenant de l’application du § 2 ci-dessus ;

4° La surveillance de l’établissement quarantenaire établi en vertu de l’article 24 ;

5° La nomination des agents dépendant du service général de la navigation et celle de ses propres employés. L’institution des sous-inspecteurs appartiendra à l’autorité territoriale sur les sections occupées par une puissance et à la commission internationale sur les autres sections du fleuve.

La puissance souveraine notifiera à la commission internationale la nomination des sous-inspecteurs qu’elle aura institués et cette puissance se chargera de leur traitement. Dans l’exercice de ses attributions, telles qu’elles sont définies et limitées ci-dessus, la commission internationale ne dépendra pas de l’autorité territoriale.

21- Dans l’accomplissement de sa tâche, la commission internationale pourra recourir, au besoin, aux bâtiments de guerre des puissances signataires de cet acte et de celles qui y accéderont à l’avenir, sous toute réserve des instructions qui pourraient être données aux commandants de ces bâtiments par leurs gouvernements respectifs.

22- Les bâtiments de guerre des puissances signataires du présent acte qui pénètrent dans le Congo sont exempts au payement des droits de navigation prévus au § 3 de l’article 14 ; mais ils acquitteront les droits éventuels de pilotage, ainsi que les droits de port, à moins que leur intervention n’ait été réclamée par la commission internationale ou ses agents aux termes de l’article précédent.

23- Dans le but de subvenir aux dépenses techniques et administratives qui lui incombent, la commission internationale instituée par l’article 17 pourra négocier en son nom propre des emprunts exclusivement gagés sur les revenus attribués à la dite commission.

Les décisions de la commission tendant à la conclusion d’un emprunt devront être prises à la majorité des deux tiers des voix. Il est entendu que les gouvernements représentés à la commission ne pourront, en aucun cas, être considérés comme assumant aucune garantie, ni contractant aucun engagement, ni solidarité à l’égard des dits emprunts, à moins de conventions spéciales conclus par eux à ce effet.

Le produit des droits spécifiés au § 3 de l’article 14 sera affecté par priorité au service des intérêts et à l’amortissement des dits emprunts, suivant les conventions passées avec les prêteurs.

24- Aux embouchures du Congo, il sera fondé, soit par l’initiative des puissances souveraines, soit par l’intervention de la commission internationale, un établissement de quarantaine qui exercera le contrôle sur les bâtiments tant à l’entrée qu’à la sortie.

Il sera décidé plus tard, par les puissances, si et dans quelles conditions un contrôle sanitaire devra être exercé sur les bâtiments dans le cours de la navigation fluviale.

25- Les dispositions du présent acte de navigation demeureront en vigueur en temps de guerre. En conséquence, la navigation de toutes les nations, neutres ou belligérantes, sera libre, en tout temps, pour les usages du commerce, sur le Congo, ses embranchements, ses affluents et ses embouchures, ainsi que sur la mer territoriale faisant face aux embouchures du fleuve.

Le trafic demeurera également libre malgré l’état de guerre, sur les routes, chemins de fer, lacs et canaux mentionnés dans les articles 15 et

26- Il ne sera apporté d’exception à ce principe qu’en ce qui concerne le transport des objets destinés à un belligérant et considérés, en vertu du droit des gens, comme articles de contrebande de guerre. Tous les ouvrages et établissements créés en exécution du présent acte, notamment les bureaux de perception et leurs caisses, de même que le personnel attaché d’une manière permanente au service de ces établissements, seront placés sous le régime de la neutralité et, à ce titre, seront respectés et protégés par les belligérants.

CHAPITRE V

Acte de la navigation du Niger

Les articles 26 à 33 compris dans ce chapitre n’étant pas relatifs au présent projet de création de l’Emphythéose Moanda, ne sont pas mentionnés afin de ne pas alourdir inutilement le présent exposé.

CHAPITRE VI

Déclaration relative aux conditions essentielles à remplir pour que des occupations nouvelles sur les côtes du continent africain soient considérées comme effectives.

34- La puissance qui dorénavant prendra possession d’un territoire sur les côtes du continent africain situé en dehors de ses possessions actuelles, ou qui, n’en ayant pas eu jusque-là, viendrait à en acquérir, et de même la puissance qui en assumera un protectorat, accompagnera l’acte respectif d’une notification adressée aux autres puissances signataires du présent acte, afin de les mettre à même de faire valoir, s’il y a lieu, leurs réclamations.

35- Les puissances signataires du présent acte reconnaissent l’obligation d’assurer, dans les territoires occupés par elle, sur les côtes du continent africain, l’existence d’une autorité suffisante pour faire respecter les droits acquis et, le cas échéant, la liberté du commerce et du transit dans les conditions où elle serait stipulée.

CHAPITRE VII

Dispositions générales

36- Les puissances signataires du présent acte général se réservent d’y introduire ultérieurement et d’un commun accord les modifications ou améliorations dont l’utilité serait démontrée par l’expérience.

37- Les puissances qui n’auront pas signé le présent acte général pourront adhérer à ses dispositions par un acte séparé. L’adhésion de chaque puissance est notifiée, par la voie diplomatique, au gouvernement de l’empire d’Allemagne et par celui-ci à tous les Etats signataires ou adhérents. Elle emporte de plein droit l’acceptation de toutes les obligations et l’admission à tous les avantages stipulés par le présent acte général.

38- Le présent acte général sera ratifié dans un délai qui sera le plus court possible et qui, en aucun cas, ne pourra excéder un an. Il entrera en vigueur, pour chaque puissance, à partir de la date où elle l’aura ratifié.

En attendant, les puissances signataire du présent acte général s’obligent à n’adopter aucune mesure qui serait contraire aux dispositions du dit acte.

Chaque puissance adressera sa ratification au gouvernement de l’empire d’Allemagne, par les soins de qui il en sera donné avis à toutes les autres puissances signataires du présent acte général. Les ratifications de toutes les puissances resteront déposées dans les archives du gouvernement de l’empire d’Allemagne.

Lorsque toutes les ratifications auront été produites, il sera dressé acte du dépôt dans un protocole, qui sera signé par les représentants de toutes les puissances ayant pris part à la Conférence de Berlin et dont une copie certifiée sera adressée à toutes ces puissances. En fois de quoi, les plénipotentiaires respectifs ont signé le présent acte général et y ont apposé leur cachet.

Fait à Berlin, le vingt-sixième jour du mois de février mil huit cent quatre-vingt cinq.

Article de www.africamaat.com de 2006


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